Samedi 18 novembre 2017 le groupe des composteuses en herbe s’est retrouvées pour une nouvelle approche du véritable recyclage de la matière dans la nature. En effet, fort de l’adage « rien ne se perd, tout se transforme », nous sommes parties à la découverte des indices de ce formidable pouvoir qu’a la nature de « faire feu de tout bois » et surtout de ses déchets.

Dans la Combe à la Serpent, l’automne nous offre le spectacle du recyclage à l’œuvre  dès la couche superficielle des feuilles mortes nouvellement tombées, le processus ayant commencé d’ailleurs sur l’arbre. Les principaux protagonistes de ce silencieux, mais odorant travail, se signalent par leur mycélium et leurs carpophores si variés et colorés qu’on ne résiste pas à les prendre en photo.

Nous approchant de troncs morts et pourrissants, nous découvrons un petit peuple de détritivores bien à l’abri sous les mousses et les écorces se décollant facilement. Les fugitifs se cachent à nouveau rapidement nous laissant entrevoir toute une chaîne alimentaire à partir de ces déchets devenus ressources pour ces spécialistes du recyclage.

Plus avant dans notre exploration, l’humus friable dans nos mains laisse encore deviner l’origine des petits débris végétaux qui le composent. Encore plus loin, un chablis, arbre déraciné dans le revers pentu de la combe, nous permet d’examiner le terreau dans lequel les radicelles se sont nourries, lieu manifestement plein de nutriments pour la plante.

Au cours de ce petit périple en forêt, l’observation a permis un rappel des notions sur le fonctionnement du sol que nous avions abordé le mois précédent.

De retour sur le site de Corcelles, un peu de chaleur et un repas partagé (merci à toutes) nous ravigote et nous permet d’échanger sur la permaculture avec Pierre le jardinier.

Et le compostage dans tout ça ?

Fort de la compréhension de ce qui se passe dans le cycle de la matière, l’homme, a voulu l’imiter, voir accélérer le processus, pour une utilisation optimum au jardin.

En effet, un jardin productif est fait pour qu’on s’en nourrisse, et donc nous exportons les parties comestibles des plantes sans laisser à la nature le temps de les recycler. Or nous savons qu’il faut nourrir son sol pour nourrir les plantes.

D’où le compostage ! Une fabrication d’humus à partir de toutes sortes de déchets rassemblés pour ensemencer les sols autant, sinon plus, en micro-organismes qu’en éléments nutritifs.

Facile à dire ! Mais comment s’y prendre pour respecter un processus dont le déroulement exige une bonne proportion entre matières carbonées et matières azotées (l’énigmatique rapport C/N), briques essentielles à la vie,  ainsi que  certaines conditions de température, d’aération  et d’humidité.

L’après midi nous retrouve en pleine cogitation sur la fabrication de compost en tas, en silo ou en bac, voir en lombricompostage. Où trouver les éléments d’un bon rapport C/N ? Quel est le rapport le plus favorable pour le potager ou pour le verger (Ah  bon, il existe plusieurs sortes de compost) ?

Que se passe-t-il durant cette longue période (car il faut bien laisser le temps au temps) où les déchets se transforment en compost ? Qui est à l’œuvre selon les paramètres qui conditionnent le milieu de vie du tas de compost ?

Et surtout, quel est le travail du jardinier (en l’occurrence des jardinières) pour accompagner favorablement ce processus. La réflexion nous amène à nous interroger sur ce qu’on appelle le compostage de surface et sur la pratique des mulch ou paillis prônés en permaculture.

Et c’est par un tour au jardin de Pierre que nous terminons notre approche du rôle du compost selon ses composants et la période d’utilisation au jardin.